Rouen Armada 2013. Le Columbus veut sauver les baleines

Jean-Yves Terlain et Antoine nous présentent Sea Shepherd, une ONG anti-braconnage présente pour la première fois sur les quais de Rouen, à l'occasion de l'Armada 2013. Rencontre.

Dernière mise à jour : 14/06/2013 à 17:23

Jean-Yves Terlain commande le navire.
Jean-Yves Terlain commande le navire (photo : Charles Demey)

Au milieu des majestueux voiliers qui peuplent l’Armada, il est facile de passer devant le Columbus sans vraiment le remarquer. Il n’en est pourtant pas à sa première visite sur le grand événement rouennais. En effet, le bateau du skipper Jean-Yves Terlain a connu plusieurs vies, la première en tant que bateau de course où il a notamment participé au tout premier Vendée Globe ! Il a ensuite été transformé afin de le rendre « plus utile » et de le « faire vivre de manière intelligente ». C’est ainsi que le Columbus est devenu navire ambassadeur du WWF pendant quatre ans, avant de représenter désormais l’ONG Sea Shepherd, dont c’est la première apparition à Rouen.

La police de l’Antarctique

Bien que méconnue du grand public, cette association fondée en 1977 par le Canadien Paul Watson n’en est pas moins particulièrement active pour la conservation des espèces marines protégées, notamment les baleines en Antarctique. Ne croyant pas à l’efficacité des manifestations pacifiques et souhaitant agir concrètement, Sea Shepherd a pour objectif de faire respecter les lois en haute mer, non appliquées, faute de police. Pour ce faire, la flotte de l’ONG composée de quatre navires, n’hésite pas à affronter directement les braconniers qui se livrent à des massacres illégaux d’espèces protégées, « sous couvert de prétextes scientifiques ». Bénévole de l’association, Antoine explique :

Nos agissements sont légitimes car ils s’appuient sur la charte de l’ONU pour la nature, édictée en 1982, stipulant que “tout individu peut faire appliquer la loi en haute mer puisqu’il n’y a pas de police”.

Des résultats efficaces malgré les critiques

Ces méthodes, surprenantes pour une ONG, leur ont valu d’être considérés comme des « terroristes » par Greenpeace et d’être appelés « pirates » par les braconniers qu’ils combattent, mais ils reçoivent tout de même des soutiens tels que celui de la Fondation Brigitte Bardot ou celui des populations australiennes et néo-zélandaises, sensibles à la protection de leur environnement.

Après l'Armada, le Columbus ira militer pour Sea Shepherd dans d'autres manifestations maritimes (photo Charles Demey)
Après l'Armada, le Columbus ira militer pour Sea Shepherd dans d'autres manifestations maritimes (photo : Charles Demey)

Grâce à leur action, seulement « 103 baleines ont été tuées sur un objectif de 1 035 » pour les braconniers lors de leur dernière campagne en Antarctique, mais cela ne suffit pas à satisfaire Antoine, pour qui c’est toujours « 103 de trop ». Faute de budget, les navires de l’association n’ont pas pu lutter contre les braconniers pendant toute leur période de chasse.

Le combat continue

Jean-Yves Terlain et Antoine espèrent que leur présence sur l’Armada leur attirera de nouveaux soutiens et sensibilisera les Rouennais à cette cause si importante, avant que le Columbus ne reprenne la mer pour d’autres manifestations. Afin « d’être là où il faut, quand il le faut » pour promouvoir leur combat. Avec pour constat que les océans représentant 70% de notre planète et qu’il est capital d’en protéger les espèces menacées de disparition.

De notre stagiaire Charles Demey

Rouen, 76