Débat. Des caméras sur les policiers aux Hauts-de-Rouen

C'est la principale information dévoilée par le grand patron de la Police nationale, Claude Baland, lors d'une visite jeudi 29 novembre aux Hauts-de-Rouen, récemment classés ZSP.

Dernière mise à jour : 30/11/2012 à 16:42

Illustration. (DR)
Illustration. (DR)

La visite de Claude Baland, le chef de la Police nationale, à Rouen, jeudi 29 novembre, a été marquée par une halte dans le quartier des Hauts-de-Rouen, récemment classé Zone de sécurité prioritaire (notre article).
Le chef de la police y a évoqué un nouvel équipement qui pourrait faire son entrée au sein de la police de Rouen. Trois caméras de petite taille, destinées à venir s’intégrer à la tenue des policiers, vont être confiées aux forces de l’ordre à «  titre expérimental » comme l’avait envisagé le ministère de l’Intérieur. Ce matériel coûterait environ 1 000 euros l’unité.

D’où vient cette idée ?

Ces caméras auraient pour objectif de protéger les policiers d’accusations de mauvais traitements, pendant une altercation, une manifestation, ou toutes autres interventions.
Ce dispositif est né aux États-Unis. Depuis maintenant plusieurs années, certains policiers américains portent des mini-caméras accrochées à leurs uniformes afin de prévenir tout débordement et de prouver, en quelque sorte, la bonne foi des forces de l’ordre.

« Cet équipement nous permet d’établir le contexte de notre intervention, l’attitude des gens que nous contrôlons. Il permet d’étayer nos procédures mais aussi de dissuader les gens d’intervenir, car quand ils savent qu’ils sont filmés, les groupes hostiles sont moins actifs » soulignait le capitaine de Seine-Saint-Denis, Christian Charlot, dont les policiers ont été équipés dès 2009.

Un dispositif déjà testé en France

Cette année, la police municipale de Chelles (Seine-et-Marne) a testé ces fameuses caméras embarquées, presque invisibles (voir la vidéo). Certains habitants étaient alors étonnés d’être filmés à leur insu. Effectivement, ces mini-caméras sont difficilement repérables.
Est-il légal pour les forces de l’ordre de réaliser et surtout de disposer de vidéos sans avoir prévenu les personnes concernées ? Selon la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), « toute personne a le droit de savoir si elle est fichée et dans quels fichiers elle est recensée ». Pourtant, il est de cas où l’obligation d’information est exclue :

  • Pour les fichiers de police ou de gendarmerie
  • Pour les fichiers relatifs à des condamnations pénales
  • Lorsque l’information de la personne se révèle impossible ou très difficile

Les forces de l’ordre ne dépassent donc pas le cadre légal. Dépassent-elles le cadre moral ? La réponse peut être différente, d’une personne à l’autre…

Votre avis nous intéresse

Que pensez-vous de ce dispositif ? Pensez-vous qu’il puisse favoriser les rapports entre citoyens et forces de l’ordre ? N’hésitez pas à débattre dans les commentaires, ci-dessous !