Rouen Histoires de crues à Rouen, celles de 1910 et les autres

Après la période de froid que Rouen vient de connaître et les récentes crues de la Seine, souvenons-nous qu’il y a un peu plus d’un siècle, la ville était sous les eaux. Récit.

Dernière mise à jour : 21/02/2013 à 12:08

Déjà en 1784. (D.R.)
Déjà en 1784. (D.R.)

Une première série de pluies du 18 au 21 janvier 1910 faisait gonfler la Seine et ses affluents avec un pic mémorable et désastreux le 28 du mois. Si pour une partie de la population, ce fut d’abord un spectacle grandiose, pour beaucoup d’autres, les conséquences ont été catastrophiques. Un port paralysé et des milliers de personnes sans travail et sans allocations chômage, sans oublier le bilan humain fort heureusement limité puisque l’on ne dénombra que cinq morts pour toute la région concernée.

Ville d’eaux involontaires

La rue centrale de l'Ile Lacroix en 1910.
La rue centrale de l'Ile Lacroix en 1910.

Nombreuses sont les photos montrant notamment le Cours La Reine, le bas de l’avenue Pasteur ou la rue centrale de l’île Lacroix inondés. C’est là que le Château Baubet, le Tivoli normand de la Belle Epoque créé en 1848 – qui fut longtemps le lieu le plus couru de la ville avec des fêtes fastueuses données dans une salle à la décoration foisonnante – connaîtra ses derniers instants à la suite de dégâts considérables.

Les quais étaient évidemment en première ligne avec une vision cocasse, celle de la statue de Louis Brune les pieds dans l’eau. Un comble pour ce Rouennais héroïque né en 1807 qui sauva 63 personnes de la noyade dans la Seine à partir de 1823. Son dernier sauvetage en sautant du pont Boïeldieu, aura été le saut de la mort le 25 décembre 1843.

Mais si l’inondation de 1910 fut celle du siècle, d’autres l’avaient précédée comme en témoignent quelques marques de crues ici et là.

De nombreuses cartes postales ont été tirées suite aux crues du 2 février 1910.
De nombreuses cartes postales ont été tirées suite aux crues du 2 février 1910.

Marques ici et là

Ainsi, la chapelle Grammont ne sera pas épargnée et l’eau montera même jusqu’à son autel, évènement relaté par une inscription et un repère sur le mur nord :

« L’an mil six cent cinquante-huit… Par un débordement insigne… La Seine débordant de son lict… Parut jusque sur cette ligne. »

De même, la chapelle des Augustins, aujourd’hui disparue, connut la montée des eaux comme en témoignait cette inscription à 1m60 du sol : « La grosse eau du 28 déc. 1740 ».

Quant à l’inondation à Port-Marly en 1876, immortalisée par Alfred Sisley, elle reste une belle œuvre à admirer au Musée des Beaux-Arts… les pieds au sec.

En 1876, Sisley immortalise le débordmeent de la Seine.
En 1876, Sisley immortalise le débordmeent de la Seine.

Rouen, 76