Fécamp Le Marité fêtera ses 90 ans à l'Armada de Rouen

Le Marité s'apprête à fêter ses 90 printemps durant l'Armada. Retour sur l’histoire mouvementée de ce trois-mâts goélette acheté en 1922 par Charles Le Borgne, de Fécamp.

Dernière mise à jour : 18/05/2013 à 15:18

Le Marité (photo D.R.)
Le Marité, le dernier voilier construit à Fécamp en 1923. À l’origine, il était destiné à la pêche au hareng. (Photo : D.R.)

Le Marité sera présent à l’Armada de Rouen du 6 au 16 juin 2013. Il fêtera ainsi son 90e anniversaire en compagnie des plus beaux voiliers du monde. Retour sur l’histoire mouvementée de ce trois-mâts goélette acheté en 1922 par Charles Le Borgne, un armateur de Fécamp, et construit à la base pour les bancs de Terre-Neuve.
En 2012, Le Marité a effectué 36 sorties en mer, parcouru près de 1 300 miles nautiques (2 400 kilomètres) et transporté plus de 1300 personnes. Force est de constater que le trois-mâts goélette suscite toujours autant l’engouement du grand public.

Le plus grand voilier en bois voguant sous pavillon français

Il faut dire que Le Marité, le plus grand voilier en bois voguant sous pavillon français est l’un des derniers représentants du passé morutier, cette époque où les enfants de Normandie et de Bretagne, partaient pendant d’interminables mois pêcher la morue dans les eaux de Terre-Neuve.

« Il s’agit d’un bateau mythique, souligne Étienne Bernet, membre de l’association Fécamp Terre-Neuve, qui a fait un livre, publié en 2000, Le Marité, sauvé de l’oubli. C’est le dernier voilier construit à Fécamp en 1923. À l’origine, il était destiné à la pêche au hareng. »

Le trois-mâts fêtera cette année son 90e anniversaire. S’il a retrouvé ses couleurs depuis son acquisition en 2004 par un Groupement d’intérêt public (GIP) de la Manche, il a connu avant cela de nombreuses péripéties et navigué sous différents pavillons.

Le prénom de la fille de son armateur

Le Marité, qui porte le diminutif du prénom de la fille de son armateur, Marie-Thérèse Le Borgne, effectue sa première campagne de pêche à Terre-Neuve en 1924. Au total, il participera à cinq campagnes avant d’être désarmé en raison de sa petite taille (longueur hors-tout : 47 m et largeur : 8 m). Le 1er janvier 1930, Le Marité, battant pavillon danois, corne une dernière fois la vierge en passant les phares de Fécamp.

Réquisitionné en 1940

Après plusieurs campagnes désastreuses dans les mers du nord, il est réduit à faire du cabotage avant d’être réquisitionné en 1940. S’en suit une longue série de ventes et de rachats qui laisseront de nombreuses traces sur l’élégant voilier blanc. Le Marité ne reviendra à Fécamp, son port natal, qu’en 1992, le temps d’une courte escale.

Une pétition pour son retour en France

Début 2000, la mobilisation pour  le retour du Marité dans les eaux françaises qui l’on vu naître est très forte. Jacques Chauveau, président français du World Ship Trust et le navigateur Gérard d’Aboville prennent la tête du mouvement. Une association se crée et regroupe plus de 400 signatures en faveur du retour du fameux Trois-mâts.
Le Marité
rentre finalement en France en 2004. À la fin de l’année 2005, il retourne en cale-sèche pour être restauré.

« À l’époque, nous avions été contactés par les restaurateurs. Nous avions fournis des plans qui n’ont pas été retenus au final, avoue Étienne Bernet. Aujourd’hui, il ne reste plus une seule pièce de la charpente d’origine. Le Marité est une réplique pas très fidèle du trois-mâts fécampois. »

Un constat renforcé en 2012, lors de l’escale du Marité dans la cité des Terre-Neuvas. « Si tout le monde a apprécié ce navire qui a très fière allure, chacun s’est accordé à dire aussi que ce n’était plus le Marité… Nous avons remarqué en effet plusieurs changements qui éloignent sa silhouette de celle des anciens navires terre-neuviers », souligne l’association Fécamp Terre-Neuve.

Clémence Lambard

Fécamp, 76

  1. [...] en été 1923 après un an de travaux dans les chantiers navals de Fécamp. Il fête donc ses 90 ans sur l’Armada ! », explique le commandant de bord. Son nom est un diminutif de Marie-Thérèse, la plus jeune [...]
  2. [...] eaux », insiste Dominique Vervisch.Sur les quai, nous trouvons, entre autres, le Marité café, en référence au morutier de Fécamp que l’artiste a de nombreuses fois représenté sur ses toiles, notamment dans la rue du Gros [...]