Rouen Rouen aura sa monnaie locale citoyenne en 2014

La monnaie citoyenne du grand Rouen devrait voir le jour en 2014, sous l'impulsion d'"Agglo Rouen en Transition". Elle sera ouverte aux entreprises et aux particuliers. Détails.

Dernière mise à jour : 19/09/2013 à 18:20

Il existe déjà une vingtaine de monnaies citoyennes (photo D.R.)
Il existe déjà une vingtaine de monnaies citoyennes (photo D.R.)

Ils sont une dizaine à plancher sur le projet de créer une Monnaie citoyenne locale complémentaire (MLC), à Rouen et dans son agglomération. Certains y pensent depuis plusieurs années. D’autres s’y penchent depuis plus récemment, comme Lucero Mariani qui revient tout juste de Toulouse où se trouve le Sol-Violette. Cette monnaie citoyenne fait partie de la vingtaine de monnaies du même type en France. Lancée en mai 2011, elle compterait déjà 15 00 utilisateurs. À Rouen, la monnaie locale devrait voir le jour en 2014.

C’est une démarche militante, une expérimentation socio-économique. Il s’agit de dynamiser l’économie locale et de créer du lien, souligne Lucero Mariani, en dehors de toute spéculation boursière, et d’être davantage en prise avec le monde réel, avec une action en faveur de l’environnement et du développement local.

Pour le secteur marchand, entreprises et particuliers

C’est l’association Agglo Rouen en Transition (ART), en lien avec l’association Effet de serre toi-même !, qui porte le projet. Avec la spécificité qu’il s’agira d’une monnaie accessible au secteur marchand : citoyens et entreprises pourront l’utiliser pour leurs transactions. En toute légalité.

Dans le secteur marchand, une « MLC » permet à des entreprises de faire face aux crises, indique le site agglorouentransition.org qui détaille le projet, de relocaliser l’emploi (Sol-Violette à Toulouse, WIR en Suisse) et à des pouvoirs publics d’assurer des services collectifs à moindre coût (Passeport Éco’SOL à Grenoble, programme de Curitiba au Brésil).

Des règles et des critères à respecter

Avantage : ce sont les adhérents de l’association qui décident des règles. La monnaie devra prendre appui sur un établissement existant :

Elle sera placée dans une banque éthique, complète Lucero Mariani. Nous sommes en discussion avec le Crédit Coopératif, à Rouen. Nous avons également rendu visite à une cinquantaine de partenaires potentiels. Les entreprises qui veulent adhérer devront répondre à des critères d’agrément sociaux, environnementaux, économiques et d’engagement. Cela passe par la constitution d’un dossier. Nous allons aussi déposer une demande de subvention pour inviter les pouvoirs publics à être partie prenante. Le fonctionnement de la monnaie nécessitera des moyens : à Toulouse, il y a 4,5 équivalents temps plein dont des jeunes volontaires du service civique.

Un concours pour trouver le nom de la monnaie

La monnaie ne se déclinera qu’en billets qui seront imprimés dans une imprimerie privée. Ils fonctionneront en complémentarité de l’euro et seront sécurisés. Il sera possible d’acheter sa monnaie et de l’utiliser dans les entreprises du réseau, d’épargner et de générer des micro-crédits. Aucun nom n’est encore trouvé pour la monnaie de Rouen :

Nous avons des idées mais nous voulons lancer un concours, complète Lucero Mariani.

Réunions et conférences

L’ART organise une réunion de construction de la monnaie citoyenne du grand Rouen vendredi 20 septembre 2013 à 19h, à la Maison de quartier Cavelier de la Salle (1 rue Forfait à Rouen), sur les quais rive gauche près du pont Guillaume-le-Conquérant. À l’ordre du jour, des présentations-débats sur la méthode (fonctionnement participatif et mode de prise de décision), les chartes existantes dans les autres groupes de monnaies citoyennes, les critères d’adhésion des partenaires dans les autres groupes de monnaies citoyennes et la stratégie de recrutement pour l’élargissement du groupe.
À partir de 18h15, présentation interactive des monnaies citoyennes, afin d’avoir une vision globale avant de se plonger ensemble dans la construction de la monnaie.

Un autre rendez-vous est programmé vendredi 27 septembre 2013, à partir de 20 h à la Maison des associations, 11 avenue Pasteur, à Rouen (salle Ostermeyer). Philippe Derruder interviendra sur le thème « Pour que l’argent serve au lieu d’asservir ! », en évoquant les monnaies citoyennes.
Ce chef d’entreprise préside l’Association internationale pour le soutien aux économies sociétales (AISES). Il animera aussi deux journées sur la richesse et les monnaies citoyennes le samedi 28 et le dimanche 29 septembre 2013, de 9h30 à 18h, au centre Saint-Vivien (10, place Saint-Vivien à Rouen).

1 Rue Forfait, 76100 Rouen, France

  1. mauvaisélève
    14 décembre 2013 11:31
    Comment organiser le pipeautage. Le but de ces associations "engagées" et "citoyennes" est de créer des associations pour bénéficier de subventions de la mairie, du conseil général, régional etc... et surtout de ne pas s'acquitter des taxes, contributions etc... Ces monnaies locales sont un paradis fiscal qui ne dit pas son nom
  2. Patrick MOREL
    20 septembre 2013 09:49
    Bonjour,

    Ce serait plus marrant un premier avril...!
    Incapables de gérer, d'entretenir la ville (petit j'avais appris que le sous sol était un vrai "gruyère" avec ses sources, souterrains, etc. aujourd'hui ces trous percent à la surface) ni même prévoir des aménagements pour personnes handicapées (où sont les trottoirs abaissés aux carrefours, pourquoi les commerçants ont ils le droit de stationner sur nos places réservées en toute impunité) qu'ils vont imprimer des "billets de Monopoly" N'y a t'il pas mieux a faire ? Ah non, pas installer de l'art (Comment déjà ? Ces trucs sans queue ni tête...) coûtant trop cher ! Mais aménager, entretenir la ville.
    Dans les faits divers, il faudra aussi ouvrir une nouvelle rubrique: Arnaques aux faux billets Rouennais.
    Et dans mes propos ne voyez aucune influence politique ! De droite ou de gauche Rouen a toujours été mal traitée... Sauf dans les années 50/60 où la ville puait moins....
  3. vigix
    19 septembre 2013 21:56
    Voilà donc où passe nos impôts locaux en forte hausse...
    Ras le bol des dépenses à la con!