Rouen Rouen : deux figures de radio HDR licenciées

Le directeur de l'antenne et le responsable des programmes ont été contraints au départ. Ces deux pertes reflètent un contexte économique morose pour la radio associative HDR.

Dernière mise à jour : 26/02/2013 à 16:20

 

Les salariés de la radio des Hauts de Rouen ne sont plus que cinq (photo : Arnaud Antonio).
Les salariés de la radio des Hauts de Rouen ne sont plus que cinq (photo : Arnaud Antonio).

La radio des Hauts de Rouen (HDR) vient de perdre deux des piliers sur lesquels l’antenne reposait depuis plusieurs années. Lors d’un conseil d’administration intervenu début janvier 2013, Moise Gomis, directeur historique de la radio à l’origine de sa création et Emmanuel Gouache, responsable des programmes depuis 2010, ont appris leur licenciement.

Plus de 300 000 euros de dettes

Tout au long du mois de janvier 2013, la radio a pourtant tiré la sonnette d’alarme par le biais d’une série d’émissions, intitulée ironiquement Tout va bien, sensibilisant aux difficultés actuelles des radios associatives et en particulier de HDR. Les soucis financiers de la radio ne se sont pas arrangés depuis sa mise en redressement judiciaire en 2008. C’est une dette de près de 30 000 euros par an qu’elle doit rembourser. Ce pendant encore six ans. Par ailleurs, d’autres problèmes se posent comme l’arrêt de certaines subventions – celle de la Région, notamment – et le versement trop tardif d’autres aides financières.

Licenciés mais toujours bénévoles

Radio HDR qui fonctionne déjà avec des dizaines de bénévoles en compte désormais deux de plus. Les deux ex-salariés, Moise Gomis et Emmanuel Gouache restent en effet fidèles à la radio, malgré leur licenciement.

« Mon contrat s’arrête fin avril donc jusqu’à cette date, il faudra accompagner l’équipe dans sa transition, une phase où il faudra leur donner quelques clés, explique Emmanuel Gouache. De plus, je me suis engagé à assurer mon émission jusqu’en juin 2013 ».

Les subventions encore versées (celles de la Ville, du 106 et du musée des Beaux-Arts notamment) sont dédiées aux missions associatives. HDR doit ainsi délaisser la radio pour des actions de formation auprès de la population du quartier et des interventions en milieu scolaire, entre autres. L’antenne comptait encore trois tranches de direct par jour fin 2012. Aujourd’hui, elle n’en assure plus qu’une seule (17h-19h). Et l’équipe devrait encore se réduire tout au long de l’année avec plusieurs contrats à durée déterminée qui arriveront à expiration.

Le CSA redonne un peu d’espoir

Un rayon de soleil permet tout de même aux équipes de la radio de se réjouir : la fréquence 99.1 FM a été renouvelée par le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) pour cinq ans supplémentaires et la puissance de l’émetteur va être doublée pour arriver à un total de 100 Watts, ce qui lui permettra une diffusion plus large. De bonnes nouvelles qui font espérer Emmanuel Gouache. Pour lui, « le média associatif local est un média du futur. Il faudrait que tout le monde le comprenne ».

De notre stagiaire Arnaud Antonio

Place Alfred de Musset, 76000 Rouen, France

  1. Dananinana
    9 novembre 2013 13:44
    Je suis outrée de lire ce commentaire que je qualifierais de commentaire de MERDE ! Est ce que vous êtes concient Monsieur ou Madame de l'énergie que les salariés et autres bénévoles dépensent chaque jour pour faire vivre cette institution. Oui je parle d'une institution des Hauts de Rouen, qui a prouvée au combien elle est importante pour ses habitants et pour tous les auditeurs environnants. Je revandique la survie de cette radio et souhaite pouvoir l'écouter enconre longtemps. Quant aux licenciements, je trouve cela déplorable d'avoir vu partir ces deux piliers de la radio. Sauvons cette radio, sauvons le monde associatif et ce genre d' initiative pendant qu'il est encore temps !!
  2. Soyouz
    27 février 2013 08:05
    Je ne sais pas trop quoi penser de HDR. D'un coté je reconnais que leur programmation est originale, qu'elle permet de découvrir des musiques qu'on entends nulle part ailleurs sur les ondes, qu'elle diffuser une culture à contre courant etc... d'un autre coté j'y vois parfois une bande de gugusses qui vivent au crochet des subventions publiques, payés à distiller du rap de seconde zone pour des auditeurs écervelés qui se complaisent dans la fange intellectuelle d'une pseudo culture urbaine qui n'est en fait que violence, racisme, machisme et radicalité.

    Je ne suis pas persuadé que ce soit aux établissements publiques de subventionner ad vitam aeternam des radios... au bout d'un moment une radio devrait pouvoir s'autofinancer, ou disparaître.
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