Le Petit-Quevilly Rouen : Seine Innopolis, l'avenir du numérique

Le jeudi 14 novembre 2013, Seine Innopolis, pôle des nouvelles technologies et pépinière d'entreprises a été inaugurée au Petit-Quevilly avec la présence de nombreux élus locaux.

Dernière mise à jour : 15/11/2013 à 19:42

Didier Marie, Frédéric Sanchez, Yvon Robert et Nicolas Mayer-Rossignol étaient présents à l'inauguration. (Photo: Bastien Czerwony)
Didier Marie, Frédéric Sanchez, Yvon Robert et Nicolas Mayer-Rossignol (de g. à d.) étaient présents à l'inauguration. (Photo: Bastien Czerwony)

Et la plus élevée de toutes, aussi haute que la pyramide de Khéops, le second des sommets dus au travail humain, presque l’égale de sa fière commère la flèche de la cathédrale, la grande pompe à feu de La Foudre semblait la reine du peuple travailleur et fumant des usines, comme sa voisine était la reine de la foule pointue des monuments sacrés. C’est reprenant la prose du roman Bel-Ami de Guy de Maupassant que Frédéric Sanchez, le président de la Crea, l’Agglomération de Rouen, rappelle l’histoire de la Caserne Tallandier, située au Petit-Quevilly, et qui a considérablement évolué pour devenir un important pôle d’activité numérique de la CREA.

De la filature à Seine Innopolis

Le bâtiment est au départ une filature de lin construite dans les années 1830 avant d’être refaite en 1845. Surnommée La Foudre car elle tire son énergie de la machine à vapeur d’un navire échoué à Rouen qui portait ce nom, elle est rachetée en 1859 et devient une filature de coton. L’usine fait faillite dans les années 1930 et est rachetée par l’État qui en fait une caserne militaire, connue sous le nom de Caserne Tallandier. Désaffectée en 1999, la caserne est acquise par la Ville du Petit-Quevilly en 2003. La municipalité décide alors de redynamiser le site, ce qui prend forme en 2008 avec la construction du nouveau collège Ferdinand-Léger et le lancement d’environ 250 logements. L’inauguration de Seine Innopolis donne encore plus d’ampleur au changement opéré dans le quartier.

Une rénovation à 25,8 millions d’euros

Le montant total des travaux de rénovation du bâtiment s’élève à 25,85 millions d’euros hors taxes, dont 6,68 millions dédiés aux travaux de dépollution. Le principal financeur est la CREA ; la communauté d’agglomération de Rouen a en effet investi 13,4 millions d’euros dans les travaux de ce bâtiment destiné à dynamiser son territoire. L’autre principal financeur, c’est la Région Haute-Normandie, à hauteur de 8 millions d’euros. Pour compléter le financement, l’Établissement Public Foncier de Normandie (1,89 million d’euros), le Département de Seine-Maritime (1,74 million d’euros), l’État, par le biais de la DRAC – la Direction régionale des affaires culturelles – (464 000 €) et le FEDER – Fonds Européen de Développement Régional (350 000 €) – ont apporté leur contribution.

Vidéo : l’inauguration “digitale” de Seine Innopolis par les élus:

Plusieurs dizaines d’entreprises accueillies

Les locaux sont déjà occupés par une trentaine d’entreprises, des start-up spécialisées dans les technologies de l’information et de la communication, qui devraient en voir plusieurs dizaines d’autres les rejoindre au sein de ces 10 000m2 de locaux. Grâce à l’aide de l’association Normandie Web Xperts et de la CREA – une subvention de 47 000 € par an sur deux ans – une cantine numérique, lieu de travail et de rencontre dédié aux nouvelles technologies, a pu voir le jour, avec l’objectif d’être la 7e cantine numérique de France labellisée comme lieu de travail et projet collaboratif. Cette cantine numérique sera ouverte à tous.

D’autres projets suivent

Seine Innopolis rejoint ainsi un réseau de pépinières d’entreprises menées par la CREA : Seine Biopolis, inaugurée en février dernier près du CHU et dédiée aux secteurs de la biologie et de la santé, Seine Creapolis à Déville pour des entreprises généralistes, Seine Actipolis à Caudebec-lès-Elbeuf et l’ouverture de Seine Ecopolis en janvier 2014 au Technopôle du Madrillet à Saint-Étienne du Rouvray, qui concerne les entreprises spécialisées dans l’éco-construction. Frédéric Sanchez, président de la CREA, a d’ailleurs évoqué l’idée d’un Innopolis 2 dans quelques années.

« Une perspective de croissance »

Frédéric Sanchez s’est réjoui d’ouvrir l’horizon à des perspectives d’avenir:

Il y a aujourd’hui de vraies et belles raisons d’espérer dans les talents qui entreprennent en Haute-Normandie. La filière numérique incarne de vraies perspectives de croissance et derrière, il y a des hommes et des femmes qui créent de l’emploi et contribuent au développement du territoire. Tout cela a été rendu possible par une alliance avec toutes les collectivités locales pour créer l’une des plus grandes et belles pépinières d’entreprises de France. Nous éprouvons la fierté d’avoir servi l’avenir.

Le président de Région Nicolas Mayer-Rossignol s’est lui aussi félicité de l’inauguration de Seine Innopolis:

La région a été le premier partenaire de la CREA pour les travaux grâce au travail d’Alain Le Vern. Ce pôle, qui permet la création d’activité et d’emplois, est le parfait résumé de la Haute-Normandie: un alliage de patrimoine (NDLR: la filature est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques) et de modernité. Grâce à l’action de tous, nous sommes en train de créer en Haute-Normandie une filière de l’industrie numérique alors qu’il y a quelques années, il n’y avait aucun fonds régional pour aider les start-up. Un environnement autour se développe, notamment du côté de l’enseignement supérieur et peut-être bientôt une nouvelle école d’ingénieurs. Nous pouvons être fiers de cette belle image d’excellence que renvoie la Haute-Normandie aujourd’hui.

Pour symboliser l’avènement du numérique, l’inauguration n’a pas eu lieu avec une paire de ciseaux et un ruban, mais avec une tablette et des symboles à assembler à la main pour reconstituer le logo de Seine Innopolis, ce qui a été fait, non sans mal, par les élus locaux.

72 Rue de la République, 76140 Le Petit-Quevilly, France