Le Havre Société. Les chiffres du suicide en Seine-Maritime

Le 10 septembre, c'était la journée mondiale de prévention du suicide. L'occasion pour 76actu de se pencher sur les chiffres de la Seine-Maritime avec le Dr Limare, psychiatre.

Dernière mise à jour : 13/09/2013 à 13:08

"Le suicide est l'affaire de tous, ne pas rester seul , ne pas banaliser ni dramatiser" explique le Dr Limare. (©Fotolia)
"Le suicide est l'affaire de tous, ne pas rester seul , ne pas banaliser ni dramatiser" explique le Dr Limare. (©Fotolia)

Le Docteur Jean-Marc Limare est  psychiatre, responsable de l’unité de court séjour/suicidologie de la Clinique Océane du Havre, et président de l’ARPS (Association du réseau de prévention du suicide), du Havre également.

Le suicide, pour lui, est un problème de santé publique :

On compte 12 000 décès par suicide par an en France sur 200 000 tentatives. C’est deux fois la mortalité du Sida, trois fois celle des accidents de la route, souligne le médecin. Et si, bien sûr, je ne remets pas en cause les moyens accordés à ces deux derniers fléaux, je déplore en revanche que des moyens aussi importants ne soient pas mis en place pour lutter contre le suicide dont je rappelle, au passage, qu’il coûte cinq milliards d’euros à la société chaque année, soit beaucoup plus que ne coûterait un vrai dispositif de lutte.

Dieppe, territoire particulièrement touché, après Rouen et Le Havre

En France, on recense 28 décès sur 100 000 habitants (des chiffres issus d’une étude datant de 2011 commandée par l’Agence Régionale de Santé de Haute-Normandie et qui ne concernent que la gent masculine qui représente 3/4 des décès par suicide)  indique le Dr Limare. La Haute-Normandie dans sa globalité en comptabilise 34, soit un chiffre plus élevé que la moyenne nationale.

Concernant les territoires de santé, c’est Le Havre qui serait, le moins touché, toujours selon le Dr Limare.

En effet, le Havre, ce sont 28 décès sur 100 000 habitants (Ndlr : un taux inférieur à la moyenne régionale et égal à la moyenne nationale), tandis que le territoire de santé de Rouen compte 34 décès sur 100 000 habitants. C’est le territoire de santé de Dieppe qui est le plus préoccupant avec 44 décès sur 100 000 habitants.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer le “moins mauvais chiffre” du Havre ?

On peut émettre plusieurs hypothèses et constatations. La différence de chiffres entre Le Havre et Rouen ne semble pas avoir de rapport avec le nombre de psychiatres car il y en a environ deux fois plus à Rouen.

Une des hypothèses du Dr Limare pour expliquer les chiffres havrais, c’est que la prévention a déjà une histoire.

En effet, cela fait environ 30 ans que des actions sont menées au Havre pour sensibiliser et prévenir le suicide. La ville est parvenue à se doter d’une offre globale de prévention et de soins.

Des outils novateurs et efficaces

Une offre globale, comprenant l’offre hospitalière publique, est complétée notamment par le travail d’associations historiques telles que SOS Suicide Phénix , l’ARPS (créée en 2003) ; complétée aussi par des initiatives originales et uniques en leur genre comme La Maison de prévention du suicide, Havre de vie (créée en 2011 à l’initiative de l’ARPS), premier centre associatif de prévention du suicide en France et dont l’un des objectifs est de proposer un suivi d’un an après la tentative de suicide. Il y a également l’Unité de Suicidologie de la clinique Océane du Havre (à deux pas de l’Hôpital Privé de l’Estuaire) qui permet avec ses 84 lits de répondre à une certaine demande.

Sans oublier un certain nombre de bonnes idées, comme la formation « sentinelle » dispensée sur une journée par l’ARPS et dont le but est de former à l’écoute et à l’accompagnement des personnes suicidaires. L’ARPS est d’ailleurs en recherche de bénévoles pour participer à ses missions.

  • Infos pratiques
    ARPS
    Accueil des personnes suicidaires et de leur proche

    Du lundi au samedi de 17 à 19h
    115 rue Richelieu au Havre
    Tél. : 02 35 22 00 00.
    Sos Suicide Phénix
    3, place Danton au Havre
    Tél.: 02 35 43 24 25.
    Sos amitié Écoute téléphonique
    Tél. : 02 35 21 55 11
    Samu : 15 ou 112
    Urgences psychiatriques – Hôpital P. Janet : 02 32 73 39 40
    Pompiers : 18
    Médecins de garde : 02 32 73 32 33
    Police : 17
    Urgences adultes – Hôpital J. Monod : 02 32 73 31 19
    Urgences enfants : 02 32 73 38 50
Le Havre, 76

  1. Mary Poppins
    13 septembre 2013 10:09
    Je ne fais pas que "supposer" ; il m'arrive de réfléchir aussi...
  2. Soyouz
    13 septembre 2013 09:36
    Si ça vous suffit comme réponse de "supposer" tant mieux pour vous, n'envoyez pas de piques aux autres quand ils demandent des précisions...
  3. Mary Poppins
    13 septembre 2013 08:26
    C'est l'ensemble de la gestion médicale et administrative liée au phénomène du suicide, je suppose, qui doit coûter 5 milliards d'euros... J'adore les gens qui aiment bien ne pas comprendre juste histoire de commenter tout et tout le temps...
  4. Loulou
    12 septembre 2013 14:28
    oui c'est peut-être le coût pour les soins apportés lors des tentatives de suicide plus que pour les suicides en eux même.
  5. Soyouz
    12 septembre 2013 11:40
    Ou alors... 200.000 tentatives, pour 5 Mds €. ca nous fait du 25.000€ la TS. Là aussi faut qu'il explique parce que c'est pas bien clair.


    (désolé pour le double post)
  6. Soyouz
    12 septembre 2013 11:34
    "[...] il coûte cinq milliards d’euros à la sécurité sociale chaque année"

    En quoi un suicide peut-il coûter de l'argent à la sécurité sociale svp ? J'ai du mal à bien comprendre ce chiffre de 5 Mds d'euros par an...

    5 milliards d'euros divisé par 12.000 suicides = 416.666,66€ par suicide... euh j'ai vraiment du mal à y croire. Il y a surement qq chose qui m'échappe.