Petit-Couronne Visite de Hollande : les Petroplus en veulent plus

L'incompréhension règne entre Shell France et Petroplus. Les salariés de la raffinerie ont décidé de bloquer l'expédition de butane et font appel à François Hollande. Explications.

Dernière mise à jour : 07/01/2013 à 16:30

Les salariés de Petroplus ont décidé de bloquer l'expédition de butane appartenant à Shell
Les salariés de Petroplus ont décidé de bloquer l'expédition de butane appartenant à Shell

Lundi 7 janvier 2013, à 9h30, l’intersyndicale CGT-CFDT-CGE/CGC, qui lutte depuis des mois pour la survie de la raffinerie de Petit-Couronne, dans la banlieue de Rouen, avait rendez-vous avec le président de Shell France. La réunion a duré une heure trente.

« Shell ne comprend pas pourquoi nous menons des actions à leur égard, résume Nicolas Vincent et nous leur expliquons que c’est à eux de payer (…) On trouverait anormal que ce soit le contribuable qui paye. »

Car Shell est le propriétaire historique de la raffinerie. Pour les salariés de Petroplus, « il se désengage de ses responsabilités sociales et environnementales » et en cas de fermeture de Petit-Couronne, le coût du plan social et de la dépollution du site s’élèverait à « 500 millions d’euros à la charge de la collectivité et des contribuables ».

Nouvel appel au président de la République

Dans un climat d’incompréhension, les représentants de Shell ont finalement déclaré qu’ils souhaitaient être convaincus par le président de la République pour aider Petroplus. Réunis en assemblée générale, à midi, les salariés de la raffinerie de Petit-Couronne ont donc décidé de réclamer un nouveau rendez-vous avec le président de la République, en présence du PDG de Shell France.

« Ce rendez-vous doit être pris très rapidement, bien avant le 5 février, date limite de dépôt des dossiers pour d’éventuels repreneurs », insiste Nicolas Vincent.

L’expédition de butane bloquée par les salariés

Parallèlement, les salariés ont décidé de maintenir l’appel au boycott sur les produits Shell, notamment l’essence et l’huile de la marque. Ils ont également entrepris de fermer la vanne permettant l’expédition de butane appartenant à Shell.
Depuis un mois, ils bloquent déjà l’expédition de propane de l’entreprise. « C’est notre monnaie d’échange , a expliqué Nicolas Vincent à 76actu. Par ailleurs, nous faisons appel à l’intégralité de l’échiquier politique pour être vent debout contre les décisions de Shell. »

Samedi 5 janvier, l’intersyndicale avait déjà rencontré François Hollande, à l’occasion de sa visite à Val-de-Reuil (Eure), mais, d’après Yvon Scornet, porte-parole de l’intersyndicale, même si le chef de l’État s’est engagé à « tout faire pour faire avancer le dossier », il n’a pour autant donné aucune garantie… (Notre article)

Petit-Couronne, 76